Black Dolls, Maison rouge

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Retour à la Maison Rouge, elle devait fermer. C’est avec impatience que je m’y dirige à nouveau.

Nouvelles collections, deux. Elles traitent de la mémoire, d’un passé sombre infligés à certaines  minorités dont on a préféré étouffer les témoignages en les empêchant même d’exister.

C’est à ce moment que le phénomène de mémoire intervient, soit par le biais d’un individu ayant survécu et pouvant raconter ce passé avec son propre langage/médium; c’est le cas de l’exposition des œuvres de Ceija Stojka, femme Rom ayant survécu à trois camps de concentration.

Ou bien plusieurs objets fabriqués par différentes personnes appartenant à un même groupe sur un laps de temps définit témoignent silencieusement du passé du dit groupe grâce à des morceaux de leur univers qu’ ils ont bien pu/ voulu mettre en ces poupées qui sont ici les objets qui nous intéresseront.

Voici les Black Dolls de la collection de Deborah Neff.cof

La collection Black Dolls de l’avocate américaine Deborah Neff regroupe environ  200 poupées noires créées par des Afro-Américain.e.s anonymes dans les années 1840-1940. A travers ces 1OO années aux Etats-unis on traverse l’esclavagisme: autrui (blanc.he.s dominant.e.s) décide de la vie d’autrui (noir.e.s soumis.e.s). Puis la ségrégation avec ses lois Jim Crow distinguant les citoyens selon leur appartenance raciale et, tout en admettant leur égalité de droit, elles imposèrent une ségrégation de droit dans tous les lieux et services publics.

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Ces poupées agissent comme des miroirs face aux femmes qui les ont confectionnées. Elles ont toutes deux la condition d’objet leur propriétaires décident  pour elles à leur place. Ni l’une ni l’autre ne peuvent  vraiment s’exprimer librement, elles dépendent de leur environnement/conditionnement. Seulement la poupée perdurent dans le temps pouvant témoigner de ce passé perdu.

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Ce miroir nous renvoie au besoin d’exister. A travers ces poupées faites avec les matériaux à disposition se révèle un art brut d’une étonnante sincérité.cof

La personnalité de leur créatrice et leur inspirations suintent à travers les poupées. Aucunes prétentions, seulement une histoire plastique, une extension matériel de soi. Ou peut-être un moyen de s’échapper d’une condition non souhaitée ni souhaitable. cof

Le temps passé à produire ses poupées (parfois avec des accessoires changeables) permet de s’évader, tout en laissant une trace de son univers dans le temps.cof

Ces poupées une fois terminées sont pour des enfants. IMG_20180309_155115.jpgD’ailleurs les enfants préfèrent généralement ces poupées au poupées de porcelaines car elles sont beaucoup plus tendre, malléables et douces que ces dernières.

 

Les poupées sont pour les enfants un moyen de se projeter ou du moins de projeter leur univers (imagination comprises) . On peut décider d’être gentil avec la poupée ou bien cruel, de l’habiller ou non, qu’elle soit sa propre représentation ou bien celle d’un personnage .  Pour les enfant blancs cela peut permettre d’assoir le sentiment de domination face à des poupée noires.

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A l’inverse les enfants noirs de certaines familles veulent des poupées blanche en porcelaine, se rapprochant de l’image de l’idéal social des états unis de cette époque. C’est une sorte de formatage d’intégration subit dès le plus jeune age.

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C’est alors que certaines nourrices créèrent ce type de poupées réversible.

Une partie noire, une partie blanche unis par un même tronc. L’enfant peut choisir entre les deux et intègre que noir et blanc au sein d’un même objet peuvent aussi coexister voir même se mélanger.

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Plus tard un groupe d’intellectuel Africain Américains déclara qu’ il était important pour les enfants noirs de jouer avec des poupées noires ayant leur propre beautés et singularité afin de construire une image de soi favorable sans vouloir ressembler a quelque chose qu’ils ne pourraient être c’est à dire être blanc.

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Les boutiques de « Negro Dolls » émergent, on peut les commander ou les acheter sur places et elles  font un tabac.

 

Aujourd’hui la question de beauté ou plutôt de norme de la beauté est toujours d’actualité. Pour comparer les poupées d’aujourd’hui à celles d’il y a un siècle la condition a évoluée. En magasin au rayon jouets pour enfant on trouve des poupées de toute les « races » et au même prix .Capture d’écran 2018-03-18 à 18.40.27.png

Avec des appellations infantilisantes et assez troublantes tel que « chocolat » « caramel » et « vanille ». Par contre la poupée « chocolat » et la poupée « vanille » ont exactement le même faciès et le même type de cheveux c’est a dire type caucasien , long et lisse. Étonnant! Dans la vraie vie à moins d’avoir subit des modification extérieures, la morphologie est propre et différentes pour chaque ethnies. Lorsqu’il y à mélange ce métissage se fait sentir qu’il soit homogène ou hétérogène il donne quand même naissance à sa propre singularité. Je ne pense pas qu’il faille représenter toutes ces singularités mais au moins respecter les différences de caractères biologiques des différentes ethnies proposées. Si cela ne se fait pas dès l’enfance les enfants en dehors de la normes caucasiennes chercheront toujours a imiter ce standard créant des failles dans leur construction personnelle au moment où ils se rendront compte qu’ils n’appartiennent pas au dit standard. La longueur des cheveux est aussi importante je n’ai vu aucune poupée de sexe féminin ayant les cheveux courts. N’est on pas une fille si l’on a pas de long cheveux ?

Pour parler de ma vision de la chose en tant que femme issue d’un métissage franco-béninois, le point charnière dans toute cette norme tourne énormément autour de la question de la chevelure. Petite je m’en fichais les tresses sur mon crane ne me dérangeait pas (je jouait plus avec des poupons qui n’avaient pas de cheveux). Adolescente je voulais des cheveux lisses à cause de Byonce de Rhyana et aussi de ma sœur qui était un modèle de réussite (intellectuelle et physique) pour moi a cette époque. J’ai eu les cheveux lisses grâce à des défrisages. En tant que jeune adulte ayant pris conscience de tout ce formatage et surtout en ayant marre de toute cette chimie capillaire je ne les défrise plus mes cheveux et les laissent vivre.

Ces dernières années  de plus en plus de femmes assument leur cheveux crépus et bouclés, ce qui revient à lutter contre la domination de l’Idéale de chevelure longue et lisse pour les femmes, c’est un peu un acte féministe visant a accepter son corps tel qu’il est un peu comme ces Black Dolls à l’image d’une beauté qu’on écrase.

 

 

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